Site archéologique

 Il faut savoir qu’en 1880, lors de la confection d’un chemin pour aller exploiter le minerai à ciel ouvert dans le bois de butte, au bout de Rancy Haut, les ouvriers mettent à jour sur le trajet, des tombes, qu’ils pensent être les tombes des seigneurs d’Audun-le-Tiche. D’après les descriptions qu’ils ont pu laisser des objets découverts dans ces tombes, il apparaît qu’il s’agit en fait de tombes mérovingiennes. Cette découverte donne lieu à la désignation, sur le plan des minières à ciel ouvert, de ce chemin sous l’appellation de « chemin des cercueils ».

 

Plus tard en 1938, après une tornade, un arbre est tombé. Deux Audunois, dont le garde champêtre, demandent à le débiter. Il leur faut enlever la souche. En effectuant cette opération, ils mettent à jour une tombe recouverte de dalles en pierre calcaire. Le rapport écrit de cette découverte plaide, là encore, en faveur d’une sépulture mérovingienne.

 

Plusieurs années plus tard, en 1952, M. le curé Langenfeld demande au propriétaire de cette forêt, à savoir la Société Minière des Terres Rouges (SMTR), de disposer de cette butte (située au bout de Rancy Haut) afin d’y ériger une croix (calvaire). Le chemin menant à celle-ci, à travers bois par un sentier sinueux, pouvant abriter différentes stations célébrant le calvaire du Christ. Lors de la réalisation de ce « calvaire », pratiquement au sommet, le bulldozer met à jour une nouvelle tombe. Celle-ci sera fouillée et déplacée pour être reconstruite le long de ce chemin. Les ossements seront entreposés dans une maison au Rancy et visibles pendant la durée des travaux. Le mobilier, c'est-à-dire les objets découverts dans la tombe, à savoir une boucle de ceinture, un scramasaxe et un couteau, sera présenté en Mairie.

 

Puis l’oubli s’installe ; les années passent. Il apparaît que des curieux viennent fouiller dans le secteur espérant découvrir « un trésor ». Il en résulte un certain nombre de dégradations. Face à cette situation, en 1967, un groupe de personnes, dont quelques instituteurs, des habitants d’Audun-le-Tiche et quelques jeunes, crée une association qui prend le nom de SAHLA (Société Audunoise d’Histoire Locale et d’Archéologie).

En 1968, ils obtiennent une première autorisation de « sondage » et apprennent le métier d’archéologue avec l’appui de plusieurs personnes, notamment de la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC), M. BILLORET, responsable régional de l’Archéologie et du conservateur du musée de  Thionville.

A partir de 1970, une autorisation de fouille est obtenue. Elle sera renouvelée chaque année jusqu’en 1985. La campagne de fouille donnera lieu, à la fin de chaque année, à la rédaction d’un rapport, expédié à la DRAC.

Finalement ce sont quelques 203 tombes qui ont été mises au jour. Cette nécropole mérovingienne, puisqu’il s’agit bien de cela, est située autour du site du Calvaire, de chaque côté de l’ancien chemin des mineurs. Les tombes sont toutes construites avec des pierres sèches de calcaire. Certaines présentent des dalles de couverture, qui sont en fait des parties d’anciennes constructions ou de sculptures gallo-romaines réutilisées. D’ailleurs, dans une zone du site est découvert un fanum gallo-romain. La nécropole, telle qu’elle existe à ce jour, est très certainement incomplète ; l’exploitation au 19ème siècle du minerai de fer à ciel ouvert ayant probablement entraîné la destruction d’une partie.

Les 203 tombes ont donné lieu à la découverte de 350 squelettes. Cette différence entre le nombre de tombes et le nombre de squelettes résulte de la logique de réemploi des tombes qui était assez souvent de rigueur à l’époque. Ce procédé laisse supposer par ailleurs une occupation longue du site.

Une étude menée en 2000 par une anthropologue a permis de préciser les caractéristiques socio-démographiques des « occupants ».

 

Tout le mobilier (objets usuels, bijoux, armes, outils…) découvert dans les tombes est exposé à l’Espace Archéologique (Ancien Collège)

– 1, rue de l’Alzette – 57390 AUDUN-LE-TICHE.

Cet Espace est ouvert le dimanche (du 1er dimanche de juin au 1er dimanche d’octobre) et les jours fériés, de 15h00 à 18h00.

Il est accessible, tout au long de l’année, pour les groupes (familles, scolaires,…) sur rendez-vous (contact : 03 82 52 13 03).

Par beau temps, une visite de la nécropole peut également être organisée.

 

 

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